Une présentation de la foi respectueuse des autres croyances: le baptistère de Saint Maurice

Baptistère de la basilique de Saint Maurice

Voulant honorer la démarche des Juifs et celle des Musulmans en même temps que celle des Chrétiens, Madeline plaça à l’entrée de la chapelle du baptistère la représentation de l’acte de confiance d’Abraham et d’Isaac.
Photo de la mosaïque du sacrifice d’Abraham

Cette évocation est développée par la suite des scènes de salut qui décorent le mur suivant, mais elle est finalement expliquée, en face, par la guérison de l’aveugle de Siloé, sa vision de la Jérusalem céleste et l’identification d’Etienne au sacrifice du Christ et à la résurrection du Sauveur.

Jésus et la femme samaritaine, baptistère de la basilique de Saint Maurice

 

Ce salut est un pardon offert à tous car Jésus a rencontré des personnes éduquées en dehors du judaïsme et Il les a accueillies : la Samaritaine, le centurion de Capharnaüm, la Cananéenne, et même des pécheurs exclus de la communauté juive : Zachée, la Femme adultère, la Pécheresse, le Bon larron…Comment comprendre l’exemple qu’Il nous laisse ? Or, si on privilégie le respect de l’ineffabilité de Dieu, on peut remarquer la complémentarité des actes de foi qui ne peuvent être traduits en raisonnements seulement rationnels : la foi est adhésion de tout l’être à « Celui qui est au-delà de tout », donc au-delà même de l’intelligence. Dieu seul connait le secret des cœurs.

Le respect de Madeline Diener pour toutes les consciences individuelles renforçait son action de grâce pour la foi catholique qui l’animait depuis son enfance, et son zèle pour partager sa prière avec tous ceux qui regarderaient ses œuvres.

Les bas-reliefs de la cuve baptismale, basilique de Saint Maurice

Cela parait dans les sculptures de la cuve baptismale elle-même : autour de la purification d’Adam et Eve on voit les symboles bibliques de la soif de Dieu tels que les cerfs affrontés ou les oiseaux qui picorent l’Arbre de vie. Mais les images de l’espérance des anciens Egyptiens ou Grecs sont là aussi : le chant de la grenouille annonçant la crue bienfaisante du Nil et le lièvre, l’animal familier de Vénus, la déesse de l’amour.

Faut-il alors considérer l’action de grâce pour la révélation paradoxale de l’Evangile en l’opposant aux éléments des autres religions qui portent sur des réponses essentielles au questionnement des hommes ? Ou bien faut-il considérer ceux-ci comme les lettres d’un alphabet qui déclineraient pour toute l’humanité le secret du Mystère transcendant, selon une Sagesse divine qui nous dépasse. En ce cas, il nous faut respecter toutes les croyances. Lorsqu’il les appela pour prendre son dernier repas avec eux, au bord du lac, Jésus confia  à Pierre: «Sois le berger de mes brebis» de son troupeau (Jean 21, 17).

Repas au bord du lac de Tibériade